Le 7 septembre prochain, la ville de Poissy commémorera la Libération de la ville. En se déplacement en Indre et Loire pour réparer « une faute morale » de la France, le Président Sarkozy a tout simplement rattrapé un temps si injustement perdu pour les familles des victimes. Un retour des choses louable, à l’heure où l’on apprend qu’au Royaume Uni, l’Holocauste a disparu des programmes d’études…
Nicolas Sarkozy a dénoncé à Maillé "la faute morale de la France" qui, pendant 64 ans, a ignoré le massacre de 124 hommes, femmes et enfants commis par des soldats allemands dans ce village d'Indre-et-Loire, le 25 août 1944, jour de la libération de Paris.
C'est la première fois qu'un président de la République répondait à l'invitation du village de venir commémorer avec lui ce drame. "J'avais écrit aux candidats (à la présidentielle) puis réécrit au président après son élection", s'est félicité le maire, Bernard Eliaume.
Des centaines de personnes s'étaient regroupées en milieu de journée sur la place du village, en présence de l'ambassadeur d'Allemagne en France, Reinhard Schafers.
L'atmosphère est lourde quand retentit la sonnerie aux morts, suivie d'une minute de silence et de la Marseillaise, devant un président recueilli, la mine grave.
Au premier rang, ont pris place des survivants, dont la famille, les amis, ont été massacrés, mitraillés à bout portant ou égorgés.
"Quand ils ont brûlé notre maison, avec mes parents, nous avons sauté par la fenêtre. Couchés à plat ventre dans les champs, nous les avons entendus mitrailler tout ce qui bouge, les hommes comme les animaux", se souvient d'une voix étouffée par les sanglots Charlette (bien Charlette) Bernard, 14 ans à l'époque. "J'y pense tous les jours. On ne vit pas comme tout le monde", souffle Serge Martin, qui, à 10 ans, a perdu tous les siens.
Tous écoutent le président dénoncer "la folie meurtrière" qui a conduit à "l'une des plus effroyables tragédies de la seconde guerre mondiale" en France, deux mois et demi après un autre massacre, celui d'Oradour-sur-Glane.
"En ignorant si longtemps le drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis une faute morale. C'est cette faute qu'au nom de la Nation toute entière, je suis venu reconnaître et réparer aujourd'hui", lance-t-il.
A l'aune de ce qui s'est passé ici, "on comprend mieux ce que veut dire la civilisation et pourquoi il faut la défendre quand elle se trouve confrontée à la barbarie la plus totale", dit encore le président, en évoquant "le sacrifice", lundi dernier en Afghanistan, "de nos dix jeunes soldats face aux barbares moyenâgeux, aux terroristes".
Malgré quelques témoignages sur ce massacre, notamment du curé du village, André Payon, qui y survécut et écrivit un livre sur la tragédie dès 1945, les événements de Maillé sont restés ignorés des Français pendant plus de six décennies.
Jusqu'à ce que les Allemands eux-mêmes - contrairement à la France, l'Allemagne ne reconnaît pas la prescription pour
les crimes de guerre - ouvrent une enquête. En juillet dernier, le procureur général de Dortmund, Ulrich Maass, est venu à Maillé. Il doit y revenir en novembre.
Sa présence est une reconnaissance
Dans le village, une stèle portant le nom des victimes a été érigée près du cimetière. Et une "Maison du souvenir", inaugurée lundi par M. Sarkozy au centre du village, s'est donné pour but de
faire connaître le massacre et de "sensibiliser le public à l'importance des droits de l'homme" dans le monde.
"Je vis depuis 30 ans à Tours", à une trentaine de kms de Maillé, "c'est la première fois que j'entends parler du
massacre", confie une quinquagénaire visiblement choquée. "La présence de Nicolas Sarkozy ici, c'est une reconnaissance".
“ Que tout soit enregistré – obtenez les films – trouvez les témoins, parce qu’au cours de l’histoire, il se trouvera un enfant de salaud qui se
lèvera et proclamera que cela n’a jamais existé.”
Si le président Sarkozy a "rattrapé" ce temps perdu, il n'en est pas de même outre-manche. Au Royaume Uni, l'Holocauste a disparu des programmes d'études pour conforter une partie de la
population qui continue de nier son existence. Du jamais vu! La mémoire se meurt. Il est important de ne jamais oublier de telles gabegies, de telles ignominies. Et passer le témoin aux jeunes
générations, sans état d'âme. Comme on sut si bien le faire nos aînés.
Derniers Commentaires