Mercredi 11 juin 2008 | Le Parisien Yves Fossey
ALORS que Jacques Masdeu-Arus (UMP), le député de Poissy, condamné en appel à une
peine d'inéligibilité dans l'affaire Bédier s'est pourvu en cassation, son siège à l'Assemblée est très convoité. Déjà plusieurs candidats à la candidature sont sur les rangs. A droite comme à
gauche, les prétendants trépignent d'impatience.
En cas d'une élection anticipée, la campagne pourrait être très farouche.
Déjà candidat lors des dernières législatives, Richard Bertrand (MoDem), adjoint de Poissy, qui a fait alliance avec le socialiste Frédérik Bernard (PS) pour battre Jacques
Masdeu-Arus lors des municipales de mars dernier, est en lice. « Le PS a gagné les municipales grâce au MoDem, rappelle-t-il. J'espère donc un retour d'ascenseur. Il est normal que pour une
éventuelle législative, le MoDem soit soutenu par le PS. » Mais Patrick Malivet, le secrétaire départemental de la fédération socialiste, est clair : « S'il devait y avoir une élection, il y
aurait un candidat socialiste. » Reste que pour l'heure, dans les rangs de la gauche, Frédérik Bernard (PS), le maire de Poissy, n'envisage pas d'être candidat ni Eddie Aït (PRG), maire de Carrières-sous-Poissy et conseiller régional, qui avait affronté Jacques
Masdeu-Arus lors des législatives de juin 2007. « Maintenant, j'ai une ville à gérer. Les habitants qui m'ont fait confiance à plus de 62 % ne comprendraient pas. »
Deux candidatures déclarées à l'UMP
Des déchirements pourraient avoir lieu également à droite. Deux élus locaux annoncent vouloir briguer le siège. Tout d'abord Jean-François Raynal (UMP), conseiller général du canton de
Poissy et vice-président de l'assemblée départementale. « Je suis candidat à la candidature mais il faut s'inscrire dans le temps, déclare l'homme, par ailleurs membre de
l'opposition à Poissy. Pour l'instant l'échéance est toujours en 2012 et il est hors de question de
créer une situation conflictuelle. » « Raynal n'a pas d'implantation locale, rétorque Joël Régnault (UMP), le maire de Plaisir, qui envisage lui aussi de solliciter l'investiture de son parti. Je dirige la seule grande ville UMP de la circonscription. » Enfin, un petit nouveau prévoit de
s'inviter dans le paysage politique. Karl Olive (SE), ancien président du comité de Jacques Masdeu-Arus, se tient prêt. Selon lui, « il faut des hommes neufs pour redorer le blason de la
politique ». Mais si beaucoup pensent déjà à l'élection, Patrick Malivet estime qu'il ne faut pas se précipiter. « On ne sait même pas s'il y aura une élection, le député en place ira peut-être
au terme de son mandat, indique-t-il. Ceux qui ne pensent qu'à ça feraient mieux de s'occuper de leur ville. C'est comme au football, lorsqu'un joueur tire un coup franc, sûr de mettre le ballon
dans la lucarne, il finit par manquer le cadre. »
Karl OLIVE
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